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La joueuse de rugby Meredith Sirrs tient à ce qu’on parle ouvertement de santé mentale

Photo: Greg Mason
Photo: Greg Mason

Comme le dit Meredith Sirrs elle-même : sans le rugby, elle ne serait pas ici aujourd'hui.

La jeune femme, qui en est à sa quatrième saison dans l'équipe féminine de rugby des Gee-Gees, souffre de dépression et d'anxiété depuis la huitième année. 

En neuvième année, elle a découvert le rugby. 

« Quand j'étais en neuvième année, j'ai vécu certains des moments les plus sombres de ma vie, dit-elle. Je suis convaincue que le rugby n'est pas entré dans ma vie par hasard. Il m'a donné un but et une raison de me lever le matin. » 

« Pour vrai, ce sport m'a sauvé la vie. » 

Native d'Ottawa et diplômée de la Colonel By Secondary School, Meredith croit fermement en l'importance de parler ouvertement de santé mentale. 

« Quand quelqu'un veut parler de santé mentale, je pense à une citation que j'ai déjà lue : "Soit la personne dont tu avais besoin plus jeune." Quand j'étais jeune, j'avais besoin de me sentir comprise, vue et entendue. Alors maintenant, je tiens à parler de santé mentale. » 

L'équipe de rugby féminin, dit-elle, fait un travail exceptionnel pour ce qui est de s'entraider à l'extérieur du terrain. C'est d'ailleurs souvent vers ses coéquipières qu'elle se tourne en premier lorsqu'elle a besoin d'aide. 

« Je trouve que notre équipe a vraiment travaillé fort pour comprendre les questions de santé mentale et la maladie mentale, dit-elle. Notre entraîneuse et notre équipe ont instauré une culture dans laquelle je me sens soutenue. Pouvoir compter sur les autres, c'est extrêmement utile, mais c'est souvent plus facile à dire qu'à faire. » 

Meredith, qui étudie en développement international et mondialisation, s'intéresse au programme de rugby de l'Université d'Ottawa depuis le secondaire, époque où elle a découvert ce sport. Elle a d'ailleurs conservé le courriel d'invitation aux essais que lui avait envoyé l'entraîneuse-chef, Jen Boyd.

« C'était le bon programme à la bonne place », explique la jeune femme, qui a aussi joué pour l'Ottawa Irish Rugby Club. « Je ne me voyais pas jouer pour une autre équipe. »

Sirrs, qui joue au poste de pilier, connaît une brillante carrière chez les Gee-Gees jusqu'ici, elle qui est double championne du RSEQ et triple médaillée au championnat national U SPORTS. Elle a par ailleurs reçu le Prix du leadership et de l'engagement social du RSEQ 2019 et été élue au sein de l'équipe d'étoiles du championnat national 2021.

Sa troisième année a été à la fois difficile et particulière : le RSEQ a annulé sa saison en raison de la pandémie de COVID-19. Toutefois, le programme de rugby féminin des Gee-Gees est demeuré très actif. 

Depuis mars, l'équipe se rencontre virtuellement pour toutes sortes de raisons qui vont de l'entraînement au club de lecture. Elle a aussi mis sur pied son propre groupe de travail pour l'équité et la diversité, et entamé un dialogue sur l'inclusion avec d'autres programmes de sport interuniversitaire. 

« Quand le monde s'est arrêté, au printemps dernier, tout ce qui s'est passé depuis la huitième année est remonté à la surface, et j'ai vécu une période très sombre. À un moment donné, j'ai eu besoin d'aide. J'ai communiqué avec un thérapeute et j'ai vu un psychiatre », dit-elle. 

« Quand on regarde en arrière, on pense avoir tout compris, mais ce n'est jamais vraiment le cas. J'ai quand même fait beaucoup de chemin depuis le moment où j'ai commencé à avoir des problèmes de santé mentale. » 

Elle encourage tous les jeunes, et en particulier les étudiantes-athlètes et étudiants-athlètes, à faire preuve de compassion envers eux-mêmes.  

« Une des plus grandes leçons que je retiens de mon cheminement, c'est que ma valeur ne dépend pas de mon rendement, dit-elle. Comme les étudiants-athlètes fonctionnent à un haut niveau, il est facile de ne pas prendre leurs émotions et sentiments au sérieux. » 

« Les autres pensent que notre vie extérieure reflète notre vie intérieure, mais une personne performante peut quand même être aux prises avec la maladie mentale. Les gens ne comprennent pas toujours ça. » 

Meredith sait qu'elle pourra compter au besoin sur l'aide de ses coéquipières et du personnel du programme de rugby féminin des Gee-Gees, et qu'ils peuvent aussi compter sur elle.

« J'ai texté ceci à mon entraîneuse l'autre jour : "S'il y a des jours où ne rien faire est le plus que tu peux faire, ce n'est pas grave. Le simple fait de passer à travers la journée prend déjà beaucoup de force."