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Mantha : J’espère que mon histoire pourra aider les autres

Dominic Cormier  sur la patinoire
Photo : Victoriaville Tigres

Il y a quelques mois, j'ai reçu un diagnostic de cancer du testicule. Juste avant le début du camp d'entraînement avec les Gee-Gees, ce ne fut pas une nouvelle facile à accepter. C'est particulièrement difficile à encaisser quand on n'a que 22 ans. Ce mot, ce type de problème de santé à cet âge, c'est difficile de croire que ça vous arrive.

Pendant les premières étapes de ce processus, tout est allé très vite, ce fut des moments d'intense émotion. Rapidement, tout est passé à la vitesse supérieure et j'ai senti l'appui des gens, j'ai eu beaucoup d'aide des Gee-Gees. Ils ont joué un grand rôle pour m'aider à faire face à l'aspect mental et physique du cancer.

La semaine dernière, la nouvelle du décès de Melisa Kingsley de l'équipe féminine de hockey, une collègue des Gee-Gees, a été particulièrement difficile pour moi. Je ne savais pas qu'elle et ses coéquipières faisaient face à la même adversité que mes coéquipiers et moi en ce moment. Cela m'a poussé à m'ouvrir sur ce que je vis présentement.

Aujourd'hui, je veux en parler et partager mon histoire. Si je peux aider au moins une personne en rappelant à qui que ce soit qu'elle n'est pas seule, ce sera un bon début pour aider la communauté universitaire et dans l'ensemble.

Je ne saurais trop insister sur l'importance de toujours s'auto examiner et n'hésitez pas à prendre rendez-vous chez votre médecin si vous sentez que quelque chose ne va pas.

Cela aurait pu m'aider, j'aurais peut-être pu éviter quelques cycles de chimiothérapie si j'étais allé plus tôt. Donnez-vous la meilleure chance de vous en sortir. Ne soyez pas timide de parler avec votre famille et vos bons amis quand quelque chose ne va pas. Au début, je n'ai parlé de mon cas qu'à mes amis proches, à ma famille et à mon équipe. Je ne voulais pas exposer mon cancer au grand jour. Mais plus j'avançais dans le processus, plus j'avais besoin d'en parler. En parler a été l'une des choses les plus difficiles, mais le plus bénéfique que j'ai fait jusqu'à présent, parce que vous recevez tellement d'énergie positive.

Je ne pourrais jamais assez remercier tout le monde pour le soutien que j'ai reçu jusqu'à présent. Au sein de l'organisation des Gee-Gees, de l'équipe, de mes amis et de ma famille, je ne tiens rien pour acquis.

C'est incroyable, j'ai reçu des centaines de messages des gars et des entraîneurs, tous les jours. Juste un simple message, c'est comme une tape sur l'épaule qui m'aide à mener cette bataille. Je le prends vraiment à cœur, quand tu es au plus bas, de bonnes personnes viennent t'aider. J'ai eu la confirmation qu'il y a beaucoup de gens bien qui m'entourent au sein des Gee-Gees.

En août dernier, je savais qu'il y avait quelque chose qui clochait, mais c'était si petit que j'ai cru que ça partirait sans l'aide d'une intervention. Quelques semaines plus tard, c'était toujours là et je savais que je devais aller consulter mon médecin.

Lors de ma visite, ils m'ont dit que je devais passer une échographie, qui est comme une sorte de scan. Une semaine plus tard - bam, la nouvelle est tombée. Je me suis posé plusieurs questions. Comment? Pourquoi moi? J'étais en pleine forme et prêt à commencer une nouvelle saison de hockey. Je suppose qu'il n'y a pas de réponse, et que c'est à nous de choisir ce que nous allons en faire. J'ai décidé de me battre!

Dès que vous apprenez la nouvelle, vous devez suivre les procédures. J'ai dû être opéré immédiatement, alors je n'ai pas pu jouer au hockey ce mois-là.

L'opération a été un succès. Un mois plus tard, tout était revenu à la normale. Mais il y a encore des traces de cancer dans mon sang.

Après l'opération, on m'a dit qu'il fallait que je fasse une chimiothérapie pour éliminer tout le cancer de mon système. Je reçois actuellement mon premier traitement.

J'ai manqué un mois de cours à cause de la chirurgie. Par la suite, j'ai eu environ trois semaines de pause entre la chirurgie et la chimiothérapie, alors je suis allé en cours. Le fait de retourner à l'école et de voir mes amis et tous les gars de l'équipe m'a aidé mentalement.

J'ai commencé la chimiothérapie la semaine dernière, c'est comme des montagnes russes, des petits hauts et de grands bas. Je me suis fait un devoir d'oublier les bas et de profiter des hauts. Donc, en attendant, l'école doit être secondaire pendant que je fais passer ma santé en premier. J'aurai trois traitements de chimiothérapie d'une durée totale de 21 jours chacune. C'est un programme intense, mais on peut le faire rapidement.

Si tout se passe bien, je devrais être de retour d'ici Noël, dans la même forme qu'avant et j'espère que tout ira bien. Certains disent que ce qui ne tue pas rend plus fort, c'est un cliché, mais j'aime ça.

J'ai lu des histoires de gens qui revenaient plus forts mentalement. Je vais apprendre quelque chose de cette bataille et je vais revenir plus fort que jamais en surmontant cette épreuve.

Jean Robin Mantha est un étudiant de deuxième année et un défenseur de l'équipe masculine de hockey de l'Université d'Ottawa.