Profil d’athlète du Temple de la renommée : Natasha Watcham-Roy
Lorsque Natasha Watcham-Roy s'est jointe aux Gee-Gees en 2009, elle était la plus jeune joueuse de l'équipe de rugby féminin. En cinq ans, celle que l'on surnommait Baby Tash est devenue l'une des meilleures joueuses de l'histoire du programme. Elle a par la suite remporté une médaillée olympique.
Watcham-Roy fera partie de la première cohorte à être intronisée au Temple de la renommée du rugby féminin des Gee-Gees, aux côtés de Simone Savary et de l'équipe de 2017.
Lorsque Watcham-Roy se remémore sa carrière avec le Gris et Grenat, elle parle souvent de l'influence de ses coéquipières. Celles-ci ont accueilli la recrue enthousiaste dès son arrivée. « J'étais tellement heureuse de me joindre aux Gee-Gees et de commencer mon parcours d'étudiante-athlète, raconte Watcham-Roy. J'ai tout de suite senti que je faisais partie d'une communauté. »
Le tout début de cette saison 2009 a également donné lieu à un fait marquant. En effet, lors du premier match de l'année, les Gee-Gees ont défait McGill 24-5, et Watcham-Roy a marqué deux des quatre essais de son équipe. Dans son entrevue d'après-match, elle avait tout simplement commenté « C'est bien ».
Avec le recul, elle saisit pleinement l'importance de ce gain. « J'ignorais que nous ne les avions pas battues depuis longtemps; cette victoire nous a donné une bonne dose de confiance pour la suite. » [McGill avait remporté les sept derniers championnats d'association et a également triomphé en 2013.]
« Notre équipe était remplie de joueuses talentueuses et déterminées, ce qui m'a encouragée à toujours m'améliorer afin de contribuer à notre succès, poursuit-elle. Mes coéquipières m'ont poussée à devenir une meilleure joueuse, une meilleure leader et une meilleure personne. »
Bien que le RSEQ n'ait commencé à comptabiliser les points individuels qu'en 2015, on peut conclure par les résumés de match que Watcham-Roy a marqué au moins 90 points durant sa carrière en saison régulière, ce qui la place ex aequo au huitième rang de l'histoire du programme.
Déjà, après sa saison recrue, on remarque son talent : elle est sélectionnée en 2010 pour faire partie de l'équipe du Championnat du monde universitaire de rugby à sept de la FISU. La formation se classe quatrième, mais Watcham-Roy acquiert une précieuse expérience. Il s'agissait de la première de ses trois participations à cette compétition au cours de sa carrière universitaire, participations qui lui ont ouvert les portes du rugby international.
« Ces tournois m'ont donné l'occasion d'améliorer mes compétences, de jouer avec d'autres joueuses universitaires et d'apprendre d'elles. Sans la FISU, je ne crois pas que j'aurais été sélectionnée dans l'équipe nationale. C'est au tournoi de 2014, au Brésil, que ma carrière a pris son envol. C'est l'entraîneur de l'équipe nationale qui était derrière le banc et j'ai pu jouer avec d'autres filles de l'équipe nationale. Je suis très reconnaissante d'avoir pu participer aux compétitions de la FISU, qui ont été un tremplin dans ma carrière sportive. »
Le Canada a remporté l'or au Championnat du monde universitaire de rugby à sept de la FISU en 2014 et le bronze aux Jeux mondiaux universitaires d'été en 2013, tournoi auquel Sarah Meng, la coéquipière de Watcham-Roy chez les Gee-Gees, a également participé.
Watcham-Roy a intégré l'équipe nationale pour la première fois lors de la Série mondiale féminine de rugby à sept 2014-2015. Elle a aussi contribué à la conquête de l'or aux Jeux panaméricains de 2015, marquant trois essais durant le tournoi.
Elle a remporté une médaille de bronze historique lors des Jeux olympiques d'été à Rio en 2016. Le rugby à sept en était alors à ses débuts comme sport olympique. Watcham-Roy a été une présence forte pour le Canada dans le match pour la médaille de bronze, faisant son entrée en deuxième demie pour solidifier la défensive et protéger l'avance de 26-5 que détenait son équipe à la mi-temps.
Elle a également contribué au maintien de la possession canadienne en effectuant une course solide et des passes vives. Elle a joué de la même manière lors des trois matchs du tournoi à la ronde.
« J'ai un style de jeu dynamique, et je suis solide à l'attaque comme en défensive, résume-t-elle. À l'attaque, je me décrirais comme une fabricante de jeu. J'étais imprévisible, rapide et j'arrivais à résister aux plaquages pour ensuite faire en sorte que mes coéquipières puissent marquer. En défensive, j'adorais plaquer mes adversaires et les pourchasser! »
Mais avant tous ces accomplissements, il y a eu la dernière saison de Watcham-Roy à l'Université d'Ottawa, où elle a fait étalage de son talent de fabricante de jeux. Les Gee-Gees ont conclu la saison 2013 avec un dossier de 5-2, soit deux victoires de plus que lors de la saison recrue de Watcham-Roy, avec en prime un gain mémorable.
Au deuxième match de la saison, à Québec, le Gris et Grenat a battu le Rouge et Or de l'Université Laval, classé sixième au pays, par la marque de 29-27. Il s'agissait de la première victoire des Gee-Gees contre Laval depuis 2005. Watcham-Roy, qui a marqué un essai, se rappelle du sentiment que lui a procuré cette rencontre. « C'était l'un des matchs les plus excitants de ma carrière universitaire et nous étions toutes très heureuses d'enfin battre cette équipe. »
C'était l'impasse à la mi-temps, avec un score de 17-17. Laval s'est toutefois imposé tôt en deuxième demie et a marqué 10 points consécutifs. Alors que le match semblait hors de portée pour les Gee-Gees, elles ont explosé avec 12 points dans la seconde moitié de la demie. « Il n'y avait pas de meilleure façon de terminer ma carrière universitaire », souligne Watcham-Roy, qui a été nommée étoile canadienne en 2013.
Lorsqu'on lui demande de décrire l'ensemble de son passage chez les Gee-Gees, elle revient à ses coéquipières.
« J'ai eu la chance de jouer beaucoup de rugby et de rencontrer des personnes exceptionnelles. Pendant la saison, nous étions concentrées sur l'objectif de participer au championnat national. Et durant la saison morte, nous tentions de nous améliorer pour la saison à venir! Je n'ai finalement jamais participé au championnat national, mais je ne changerais absolument rien. J'ai forgé des amitiés qui dureront toute ma vie et j'en suis éternellement reconnaissante! »